EMPLOI - INFORMATION - SOLIDARITE Association Loi 1901
Le samedi 7 décembre, aura lieu la 11ème manifestation contre le chômage et la précarité et pout la justice sociale.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la situation ne s'améliore pas pour les chômeurs, les précaires, les salariés, les étudiants, les retraités, mis à part pour quelque grands dirigeants d'entreprise et les actionnaires.
Pôle emploi a aujourd'hui davantage un rôle de contrôleur que mise en relation des chômeurs avec des emplois disponibles. Certains agents se retrouvent avec plusieurs centaines de dossiers à gérer, mais ces dossiers ne sont ni des chiffres ne des courbes, pas même des pourcentages, mais des femmes et des hommes trop souvent au bord de la rupture.
Et cela ne cesse de se durcir : pour absence à convocation, il faudra un certificat, une facture, un justificatif, sinon, du balai, radié ! Pôle emploi peut maintenant avoir accès au Ficoba, un fichier recensant plus de 80 millions de compte bancaires... On ne sait jamais, si les pauvres cachaient des dividendes sur des comptes offshores.
On dirait bien qu'il y a plus de personnel pour traquer les chômeurs confrontés aux radiations, aux trop-perçus, aux dossiers égarés. Les urgences sont quotidiennes, permanentes, désespérantes.
Nos permanences sont débordées par des chômeurs confrontés aux radiations, aux trop-perçus, aux dossiers égarés. Les urgences sont quotidiennes, permanentes, désespérantes.
Depuis dix-huit mois, la "gauche" est aux affaires, et pas le moindre geste en direction des plus fragiles, des plus victimes de ce système sans pitié qui ne convient qu'aux riches et aux puissants. Pour cela, il y avait Nicolas Sarkozy et ses amis, non ?
"Le changement, c'est maintenant" était le slogan de campagne de François Hollande, candidat, mais plus du tout celui de François Hollande, président. Elles semblent loin, les tirades sur le "Moi, président", non ?
Alors oui, il y a la dette, des déficits aussi, bien sur la concurrence existe, des tenants et certainement des aboutissants, mais quand même, la politique, moi, il me semblait que c'était prendre des décisions pour que les femmes et les hommes vivent mieux, sortent de l'angoisse, c'est loin d'être le cas, non ?
La politique, ce devait être avoir du courage, donner un coup de pied dans la fourmilière quand cela su justifie pour l'intérêt général, l'avenir, la protection des plus fragiles, la possibilité d'espoir, on en est loin, non ?
Fin septembre, il y avait 5 809 000 chômeurs pour las catégories A, B, C, D et E, chiffre auquel il convient d'ajouter les non-inscrits, les découragés, les invisibles, peut-être aussi les étudiants et les retraités, les handicapés qui ne sont pas comptabilisés mais qui cherchent un emploi.
Fin de septembre, on compte 75 800 chômeurs supplémentaires par rapport au mois précédent, malgré les 290 200 radiations pour autre motif que reprise d'emploi. Celle-ci ne représente que 20,3% des sorties des listes de Pôle emploi.
Ajoutez à cela le fait que seulement 40,3% des chômeurs sont indemnisés, moins de 50% si on compte les allocations de solidarité telles l'ASS, l'AER... et plutôt chichement.
Le chômage de longue duré (1) a augmenté de 15,6% sur un an, celui de très longue durée (2), de 17,8%.
Ajoutez une pincée de salariés qui ne font que quelques heures pas semaine, quelques remplacements, quelques courtes missions. Avec tout cela, vous aurez un aperçu de la situation de réel, du drame individuel et collectif que représente cette barbarie.
Cela ne semble pas terminé car on nous annonce à la louche un millier de plans sociaux à venir, alors, c'est quand qu'elle va commencer à s'infléchir, la courbe ?
Parce que beaucoup n'en peuvent déjà plus, et depuis bien longtemps, certains en crèvent ! Alors oui, il convient de s'attaquer aux causes, mais en partant des effets, du réel, du vécu, du quotidien, sinon ce ne sont que des déclarations qui vont alimenter le nauséabond vote Front national.
Les pistes à l'oeuvre pour la prochaine renégociation de l'assurance chômage sont : la baisse des durées d'indemnisation, la baisse des montants alloués, la suppression de certains régimes (type annexe 8 et annexe 10, concernant les intermittents et intermittents du spectacle), l'augmentation des cotisations, l'ouverture des droits resserrés, la réactivation de la dégressivité.
D'ores et déjà, nous demandons au gouvernement de ne pas agréer cette convention, qui sera, c'est certain, un recul pour les droits, dont celui de vivre décemment et dignement.
La seule dégressivité qui devrait être en vigueur devrait être sur les cotisations patronales, en fonction ou pas de recours à la précarité et aux licenciements, comme variable d'ajustement des gigantesques profits du patronat.
Soyons nombreux, le samedi 7 décembre, à 14heures, place de Stalingrad à Paris. Si "le changement, c'est maintenant", l'urgence, c'est tout de suite ! Et pour le coup, c'est pas de la com, enfin, l'urgence, je veux dire.
(1) Longue durée : plus d'un an.
(2) Très longue durée : plus de trois ans.
Philippe Villechalane
Président national de l'Apeis
